Pacific Dataviz Challenge

L'impact du changement climatique sur la biodiversité du Pacifique

Quinze mille habitants, quinze îles posées sur deux millions de kilomètres carrés de Pacifique et un horizon qui change plus vite qu'on ne l'imagine.

Partie 1 - Les causes

Les causes du changement climatique

Le réchauffement climatique résulte de l'accumulation de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, émis très majoritairement par la combustion des énergies fossiles et la déforestation, hors de la région Pacifique.

280 → 422 ppm de CO₂ atmosphérique, 1850–2024

La concentration de CO₂ dans l'atmosphère est passée d'environ 280 parties par million (ppm) avant l'ère industrielle à plus de 420 ppm en 2024, son niveau le plus élevé depuis au moins 800 000 ans. Cette hausse correspond à la période d'intensification des émissions liées aux énergies fossiles, à l'industrie et à la déforestation décrites ci-dessus.

Source : NOAA Global Monitoring Laboratory (Mauna Loa), 2024 · Copernicus C3S, 2024 · GIEC AR6, 2021 · Our World in Data / Climate Watch, 2016 · FAO FRA 2020 · ONU / SPREP

Partie 2 - Les conséquences

Les conséquences de l'impact humain

Dans le Pacifique, les conséquences se lisent déjà partout. Les récifs blanchissent, les côtes reculent sous une mer qui grignote le sable, les poissons désertent des eaux trop chaudes. La biodiversité se dérègle et la liste des espèces menacées s'allonge, fragilisant un peu plus ce qui fait vivre les populations.

La hausse des températures dans le Pacifique

Le graphique compare, pour cinq territoires, le réchauffement déjà observé et celui projeté à l'horizon 2090 sous un scénario à fortes émissions.

Aujourd'hui, les écarts sont nets : la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu ont déjà gagné plus de +1 °C, contre seulement +0,4 °C aux Îles Cook. Mais cette hausse mesure un passé récent, pas la direction que prend le climat.

Car d'ici 2090, les écarts s'effacent : les cinq territoires convergent vers +2,6 à +3,0 °C. Ce qui les distingue aujourd'hui disparaît demain.

Chiffres-clés

  • +1,2 °C, Nouvelle-Calédonie, hausse déjà observée (Météo-France / IRD)
  • +0,4 °C, Îles Cook depuis les années 1950 (PCCSP Vol. 2, 2011)
  • +2,6 à +3,0 °C, projection des cinq territoires à 2090 (PCCSP Vol. 2, 2011 ; PACCSAP, 2014)

La montée du niveau de la mer dans le Pacifique

Le graphique projette, pour quatre territoires du Pacifique, l'élévation du niveau de la mer attendue d'ici 2090 sous un scénario à fortes émissions.

Aux Îles Cook, à Fidji et au Vanuatu, la hausse projetée reste proche, entre +38 et +42 cm. Samoa se distingue nettement, avec +62 cm, la plus élevée des quatre.

Ces projections s'ajoutent à une hausse déjà mesurée depuis 1993 : +4 mm par an aux Îles Cook, au-dessus de la moyenne mondiale. Pour les côtes de Rarotonga, la menace est réelle ; pour les atolls, à quelques mètres au-dessus de l'eau, c'est une question de survie.

Chiffres-clés

  • +38 cm (19 à 58), Îles Cook, projection à 2090 (PCCSP Vol. 2, 2011)
  • +62 cm (40 à 87), Samoa, la projection la plus haute des 4 territoires (PACCSAP, 2014)
  • +4 mm/an, Îles Cook depuis 1993, au-dessus de la moyenne mondiale de +3,2 mm/an (NASA/NOAA)